S.I.X

S.I.X

Chapitre S.I.X: S.I.X

S.I.X

Nous sommes en 2085. Et le thème Cyberpunk n’est plus une fiction, c’est notre réalité.
Les progrès scientifiques et technologiques anticipés ont bien devancés nos anticipations, par contre fidèles à nos attentes: les inégalités ont explosé.

L’humanité exploite désormais deux colonies : une sur la Lune, l’autre sur Mars. Mais l’espace reste cher, dangereux et mal desservi, loin du grand rêve populaire promis. L’infrastructure extra-planétaire demeure fragile. Une flottille de l’Alliance, symbolique, assure officiellement le maintien de la paix face à d’hypothétiques menaces extra-solaires.


Corporations

Sur terre, les frontières géopolitique s’effacent, c’est le règne des corpos. Septs mega corporations incontestées se détachent des quelques centaines de corpos qui survivent.

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L’Australie

L’Australie est devenue le terrain des Corpos. Sous l’effet du réchauffement climatique, les cyclones et les incendies se sont multipliés. Les populations ont d’abord fui, principalement vers l’Asie. Puis l’effondrement des infrastructures publiques a achevé un État déjà démographiquement dévasté.

L’Australie n’était plus une puissance, mais elle restait un coffre ouvert : fer, lithium, uranium, bauxite, terres rares, gaz, nickel, cobalt. Les derniers dirigeants n’ont plus qu’un rôle symbolique. Sous couvert de partenariats économiques, ils ont glissé vers un oligarchisme assumé, bradant aux Corpos leurs terres devenues inhabitables.

Celles-ci s’y sont précipitées, sans muselière. Elles ont installé des centrales plus ou moins propres, des complexes de refroidissement, et exploité les sous-sols jusqu’à l’épuisement. Puis, dans une logique d’optimisation maximale du profit au mètre carré, les anciens complexes miniers ont été réhabilités en data centers. Des cathédrales de calcul bâties pour l’IA, nouvelle divinité dont l’humanité se gargarise au prix de leurs cerveaux rachitiques.

Rapidement, à l’instar de Dubaï ou Neom au début du siècle, Charter City s’est développée dans une frénésie économique sans précédent, jusqu’à devenir le symbole mégalomane du pouvoir corpo.

Des systèmes climatiques titanesques maintiennent la zone urbaine viable. Leur coût écologique est effarant : l’ouest et le sud du pays ont été sacrifiés aux poussières toxiques, aux pluies acides et, par endroits, aux zones irradiées.

Charter City

C’est une zone franche. La première mégalopole autonome, contrôlée exclusivement par les Corpos.

Située au nord de l’Australie, Charter City est une immensité urbaine très hétéroclite qui prends une partie des terres, du littoral, et s’étend sur la mer par des plateformes offshore interconnectées.

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La verticalité est vertigineuse, Des racines souterraines profondes qui ont réhabilité les réseaux miniers historiques en large district. Mais également sous-marines, avec ses plateformes qui connectent un réseau urbain immergés. Ainsi que des hauteurs avec une skyline culminant à 1800 mètres de haut, sur des méga districts entiers.

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Entre 7 à 25 millions d’âmes y sont dénombrées, selon qui compte et quand.

L’initiative S.I.

Malgré leurs conflits permanents, six corporations ont fini par bâtir un consortium. Un petit miracle de géopolitique privée, maintenu en vie par un concept éculé mais efficace: « les ennemis de mes ennemis… »

Seul, Helix 01, une corpo distante dont les propriétés sont principalement sub-aquatique et spatiale, avec un QG sur la Lune, n’est pas invitée.

Le but est d’assurer une domination totale des corpos sur les puissances étatiques traditionnelles du 21ème siècle

Elles ont lancé à ces fins une initiative baptisée « Strategic Independence ».

Chaque phase, chaque itération permettent aux corpos d’assurer un peu plus la dépendance, l’emprise, et donc l’affaiblissement des puissances souveraines.

L’itération S.I.IX a permis la paralysie totale des alliances de l’OTAN, du CSTO, et du SCO. De corruption de dignitaires, de complexification bureaucratiques, ou de problématique d’interopérabilité logistiques… ces dernières sont désormais figées dans un statu quo irréversible. Ce qui a pu laisser un terrain propice pour la phase S.I.X

La phase S.I.X

La dixième itération du programme « Strategic Independence » est un tournant critique.

Il s’agit d’un programme d’armement commun entre les Corpos. Comprendre la création d’une force militaristique commune qui pourrait faire basculer l’ancien monde du XXIeme siècle, sous l’emprise totale des corpos.

L’idée est pourtant presque absurde. Mutualiser les ressources des branches de sécurité corpo revient à inviter la trahison au cœur même du dispositif. Aucune corporation ne reconnaîtrait durablement l’autorité d’une rivale sur un théâtre d’opération. Aucune ne confierait ses hommes, ses objectifs ou ses secrets à une chaîne de commandement inter-corpo.

La solution fut d’investir dans une autorité qui n’appartiendrait officiellement à aucune d’elles : une IA commune, capable de contrôler directement des systèmes d’armement autonomes. Cette IA fut baptisée MANDATE. Elle devait exécuter un mandat commun, arbitrer les intérêts contradictoires du consortium et coordonner une force que personne, individuellement, ne pouvait commander sans déclencher une crise.

Les premiers prototypes opérationnels sont désormais prêts : MANDATE d’un côté, et de l’autre des plateformes d’armement désignées officiellement PROX6. Sur le terrain, tout le monde dit simplement Proxy, Proxies ou Prox.

En raison de la sensibilité du programme, son développement a été séparé en deux branches. MANDATE a été développée dans un complexe souterrain secret, connecté au dédale de data centers enfouis sous Charter City.

Les Proxies, eux, ont été développés en surface, dans des complexes industriels éloignés les uns des autres afin de cloisonner au maximum l’information. Chaque corpo connaît sa propre contribution, mais ignore une part importante des capacités globales des autres châssis.

Les 6 principes

Ces règles encadrent le développement du programme S.I.X

I. Parité d’arbitrage
MANDATE maintient l’équilibre des intérêts entre les corporations du consortium.

II. Protection des parties
MANDATE ne peut porter atteinte aux intérêts exclusifs d’une corporation du consortium.

III. Pouvoir discrétionnaire
MANDATE dispose de toute latitude décisionnelle nécessaire à l’accomplissement de son mandat.

IV. Contrôle MANDATE
Tout châssis doit pouvoir opérer sous contrôle direct de MANDATE.

V. Interopérabilité PROX6
Tout châssis doit pouvoir s’interfacer avec les systèmes des six corporations.

VI. Recours humain
Tout châssis doit garantir un recours humain capable de supplanter MANDATE.

Les PROX6

Les fondations de ces plateformes ne sont pas totalement innovantes, elles sortent de la longue lignée de châssis robotiques ou exosquelettes industriels, militaires en service.

La connexion neuronale à la machine étant particulièrement susceptible et exigeante.

Elles sont généralement utilisées soit pour de l’immersion virtuelle comme consulter des bases de données, ou des activités en réalité virtuelle. En revanche, pour les interactions physiques, elles sont limitées à des tâches spécialisées: conduire un véhicule, opérer un patient, observer des caméras de surveillance.

Les rares cas d’usage complexes peuvent impliquer plusieurs opérateurs connectés pour que chacun puisse opérer une partie de la plate-forme.

Les PROX6 sont uniques sur ce point. Conçus à l’origine pour un contrôle par IA, ils ont dû intégrer la contrainte imposée par la sixième directive: Recours humain.

C’est là que se trouve l’innovation majeure du programme. Sans le consortium, elle n’aurait sans doute jamais dépassé le stade théorique: permettre à un seul opérateur de contrôler l’intégralité d’un châssis.

La prouesse est neuro-technologique autant qu’industrielle. Il s’agit de projeter un cerveau dans un corps qui n’est pas le sien, sans que la dissociation, la latence ou la surcharge sensorielle ne le détruise.

Évidemment cela coûte infiniment plus cher que les simples augmentations cybernétiques qui prolifèrent à Charter City. Étendre une infrastructure biologique humaine pré-existante comporte certes des effets secondaires mais reste en revanche très accessible.

Conspiration

Orun Systems a soutenu S.I.X tant que le programme ouvrait un marché. Les PROX6 promettaient des contrats, des licences, des couches de pilotage, des dépendances logicielles sur plusieurs décennies. Puis MANDATE a cessé d’être un outil commun pour devenir un concurrent direct. Une IA capable d’arbitrer, de coordonner et de commander les systèmes autonomes du consortium rendait l’expertise d’Orun moins centrale. Pire : elle pouvait transformer son avance technologique en standard partagé.

Pour Orun, le danger n’est pas philosophique. Il est économique. Si MANDATE devient la couche de contrôle dominante, les corpos n’achèteront plus Orun : elles achèteront de la compatibilité MANDATE. Les marges, les licences, la maintenance, les mises à jour propriétaires et les verrous logiciels glisseront vers une autorité commune qu’Orun ne possède pas.

Sorev Industries a été approchée avec le même calcul froid. Dans S.I.X, Sorev fournit l’infrastructure, les chaînes, les modules, les convois et la maintenance lourde. Elle porte le poids industriel du programme, mais risque de rester un fournisseur remplaçable, coincé entre six donneurs d’ordre et une IA qui optimise tout. Orun lui propose une sortie : pourquoi faire à six ce qu’on peut posséder à deux ?

“Ils appellent ça un équilibre. C’est juste une dilution de marge.”

“S.I.X n’est pas trop grand pour échouer. Il est trop partagé pour être rentable.”

Le pacte est simple. Orun verrouille la couche système. Sorev verrouille les corps, les pièces, les lignes et les réparations. Ensemble, elles peuvent récupérer S.I.X sans le détruire : placer MANDATE sous tutelle, détourner les premiers PROX6, effacer les traces, puis vendre l’incident comme une contamination extérieure. Helix 01 fera un coupable idéal. Pendant que le consortium cherchera l’ennemi dehors, Orun et Sorev auront déjà commencé à privatiser la guerre autonome.

Synopsis

Mise en place: S.I.X Day Zero

S.I.X est sur une phase critique: la première livraison des tout premiers PROX6 est validée.
Le premier test dans le no-man’s land des terres sud-ouest de l’Australie vient d’émerveiller les représentants du consortium. Le convoi assemble les premières plateformes qui doivent être embarquées au port de Charter City pour une destination maintenue secrète.

En parallèle, une des corpos autant impressionnée qu’inquiète par la démonstration de force du programme S.I.X tente une action hostile contre l’IA MANDATE à l’intérieur du complexe.

Orun System tente de mettre sous tutelle MANDATE en injectant une mise à jour fantôme dans son noyau cela déclenche un protocole d’auto-sauvegarde agressif de cette dernière qui commence à éliminer ou à mettre sous contrôle le site.

Les joueurs incarnent directement six personnes de six corpos différentes, l’IA ne choisit pas, c’est le hasard forcé par le scénario. Encore une fois des personnes banales: livreur, comptable, etc.

Alors que le convoi clandestin des PROX6 dormant est au cœur de Charter City, le consortium perd le lien avec le complexe de MANDATE. Leur réaction est une panique individuelle immédiate. Chacun essaye de tirer la couverture de son côté.

La suite à écrire du scenario:

On a donc plusieurs éléments intéressant à exploiter:

  1. On a le “zero to hero” qui est la boucle narrative que les PJ adorent. “Je suis personne, je suis pris dans une aventure légendaire”
  2. Les PJ eux-même, on devrait les archétypes fortement: Le médic, le social, la brute, le furtif, le tacticien, le support, etc. Cela posera de l’enjeu non-seulement sur le choix des PROX6, mais au prix de l’équilibre de la composition de la table opérateurs.

Il faut faire gaffe à ce que cela amène de la variance pour éviter “une méta”: un combo ultra opti entre les deux tables.

Cela devrait être facile avec la limitation de temps/sur-participation de la table PROX6, où on devrait désynchroniser les compositions.

6 fins possibles, avec sous-variation:

  1. Utopie ending
    MANDATE et les joueurs tuent certaines têtes corporatistes (les vilains), deviennent un élément de coercion neutre en équilibre contre les corporations. Pour le bien de tous.

  2. Ideological martyr / terre brûlée ending
    MANDATE et/ou les joueurs décident que pour le bien de tous, il faut que le programme S.I.X disparaisse, soit la destruction de MANDATE, les PROX6 et peut-être un ou les joueurs avec.

  3. Neutral Corpo ending
    Les joueurs décident de rendre PROX6 / MANDATE aux mains du consortium

  4. Balanced Corpo ending
    Les joueurs décident d’inclure la 7ème corpo dans le consortium avant de rendre PROX6 et MANDATE.

  5. Corpo War ending
    Un, des ou les joueurs décident de rendre PROX6 / MANDATE aux mains d’une corpo ou de quelques corpos

  6. Merc, Terrorist, ending
    Les joueurs décident de s’accaparer les PROX6, pour eux (merc style: les utiliser ou les revendre) ou pour un camps non-corpo (terroriste, révolutionnaire, l’état d’Australie etc).

18 Personnages

D6 Système